Armakan
Grand Maître Jouteur
🪶 24 plume(s)
🎗️ 44 rubans(s)
Jean-Jacques Rousseau
Grand Maître Jouteur
🪶 100 plume(s)
🎗️ 100 rubans(s)
Il entre et l’air s’épaissit. Il prend soin de saluer d’une poignée de main urbaine les sept membres du jury, certains courbent légèrement l’échine. Il s’assoit au centre de la majestueuse table ovale. Le responsable du concours se penche, raide comme un officier prussien et lui murmure à l’oreille une synthèse de haut vol sur les cinq dossiers sélectionnés. Il écoute le sourire aux lèvres, ses yeux vont de l’un à l’autre des jurés, la respiration est discrète son cerveau enregistre les données avec de petits hochements de tête. Le soldat fait un pas en arrière, le président se redresse, sa voix au ton bas oblige un silence immédiat et reflète son autorité naturelle dont il aime user.
« Une fois de plus, nous sommes réunis pour récompensent une équipe de scientifiques dont les recherches contribuent à éradiquer des maladies et sauver des vies ». Il se tait, son regard se promène sur les jurés, fiers d’être là, avec lui, c’est une marque de confiance et d’honneur qu’il leur offre. Il poursuit son bref laïus d’introduction. « N’est-ce pas le bonheur que d’écouter ses chercheuses et chercheurs renommés présenter le résultat de leurs travaux ? »
Les uns après les autres, les chercheurs présentent leurs projets, répondent aux questions. Les jurés rivalisent de remarques pour montrer qu’ils ont travaillé les dossiers, espérant se distinguer aux yeux du président. Mais le président ne dit rien, garde un sourire bienveillant pour tous. Les jeux de séductions, de pouvoirs ne l’intéressent pas. Son cerveau est aux aguets, il cherche à repérer celui des scientifiques qui a le plus d’imagination.
Le responsable du concours, tendu, annonce le dernier projet et fait entrer la personne comme un aboyeur lors d’une soirée mondaine. « Hyiab de Winterhol ! ». Une jeune femme apparait dans une blouse blanche faisant ressortir sa peau d’ébène claire. Elle s’avançe vers le jury d’une démarche élégante. Ses yeux gris ne lâchaent pas le regard du président. Elle sourit et porta l’estocade à cet aréopage de notables sans leur laisser le temps de prononcer le moindre mot. « Je vous le livre le slogan de notre recherche : éradiquons le viol de la planète ! »
Hyiab de Winterhol harangue le jury.
"Le récit des viols des femmes à travers le temps est le symbole de l’infernal bal des malheurs du monde qui engluent l’humanité dans sa propre destruction, dans sa damnation. Les femmes donnent la vie. Elles seules peuvent sauver les hommes. Le moment est venu de briser le symbole. Le Who’s the Rapist, ce projet qui n’est d’ailleurs plus un projet, mais une réalité éradiquera le viol de la planète."
La jeune scientifique, avec une maîtrise parfaite, dévoile les résultats stupéfiants de ses travaux. Les yeux du président sont devenus ceux d’un aigle.