Seb
Apprenti Jouteur
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Gustave Flaubert
Grand Maître Jouteur
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Un beau jour de juillet, j'ai rencontré un faune au coin d'un bois. Ou je l'ai cru. En tout cas, je m'en souviens. Un faune ? Vous savez ce que c'est que cette bête-là ? Et comme c'est dangereux si l'on n'y prend pas garde. La rencontré à été rapide. Le faune, à peine lui ai-je dit bonjour, s'est enfoncé dans les sous-bois. Hop ! Il avait disparu...
Est-ce qu'un faune feule ? J'entendais, en tout cas, une respiration. Moins qu'une respiration : un râle. Le faune, si c'était lui, ne devait pas être loin derrière le buisson de ronces à ma droite. Avais-je le droit de le poursuivre ? Avait-il besoin de mon aide ? La bête, l'animal, la créature semblait mal en point. Je ne pouvais rester insensible. Mais franchir les ronces ? Cela semblait impossible. J'entreprenais d'en faire le tour. Mais plus j'avançais, plus les ronces semblaient denses. Et le feulement ne cessait pas.
Ses yeux ! D'un bleu perlé de larmes de douleur. Implorant, effrayé, incapable de mouvement. Je pris la gourde dans mon sac et lui tendis. Il s'en saisit. Il but. Il but comme boit un assoifé. Et je l'entendis. Pour la première fois, de ce que je considérais une gueule, un mot, un seul mot : merci ! La bête parlait ! Comme vous et moi. Et elle comprenait. Je lui demandais : êtes-vous blessé ? Oui. L'animal l'était. Pouvez-vous bouger ? A peine. Essayez de me suivre... Bien. Et le faune, courbé, boîtant, lentement, doucement, pris le chemin derrière moi. Le chemin qui m'avais mené jusque-là.