La place ne resta pas vide bien longtemps
À défaut d’un couple toujours amoureux au fil du temps
On trouverait des pigeons en train de roucouler
La balade se poursuit le long du chemin sinueux
Au détour une rivière un bras langoureux
Invite lui aussi à une pause amoureuse
Le regard sur la surface plane
Survole un couple de cygnes qui flânent
Au loin la berge attend leur nid
Leur blancheur avait cette impudence des choses heureuses : rien ne semblait les gêner, ni le vent, ni le soleil, ni les regards. Ils glissaient avec une lenteur souveraine, laissant derrière eux une ride à peine perceptible, comme un secret qu’on ne dicte pas. La berge, elle, exhalait une odeur de vase tiède et de menthe sauvage. Les enfants se turent, frappés par cette grâce tranquille. Une femme, main au bord de son chapeau, dit tout bas : « Ils ont l’air de savoir où ils vont. » Et, sans se répondre, le petit groupe s’assit dans l’herbe courte. Plus loin, sous un saule penché, l’eau parlait encore, et quelque chose, dans cette paix, semblait attendre qu’on ose le rejoindre...